Bonjour Estelle, et pour commencer moi aussi je t'embrasse fort. Ton
travail était vraiment très intéressant. Je suis venu samedi soir. Il
faisait un peu frais et du coup, de plus d'une centaine de personnes au
début, c'est tombé à la moitié à la fin, mais ceux qui étaient là ont été
visiblement ravis. Sur le dimanche peut-être avez-vous eu plus de monde...
Oui, cette installation était fort bien faite, les lumières, les restes
d'objets, les feuillages derrière lesquels on découvrait tellle ou telle
chose, en plus dans ce cadre tout à fait adéquat à cette dispersion des
silences (j'aime beaucoup ces mots).
D'un avis personnel, cela me ramenait à l'enfance, voire à l'adolescence,
plus précisément entre ces deux âges, tu vois vers 10 ou 12 ans, avec des
choses plutôt douloureuses comme la perte d'êtres chers, comme certaines
peurs, des autres notamment, et aussi avec tout au fond - mais n'est-ce pas
le plus important ? - le fait qu'un chemin depuis a été parcouru, non
seulement par nous-mêmes mais par tous les autres aussi forcément, et
finalement que constatons-nous ? : que tout le monde, un peu plus tôt, un
peu plus tard, a eu son lot de blessures et de peurs, et que cela nous a
nourri et que cela nous a rendu plutôt égaux et plutôt frères. La joie
rapproche, incontestablement. Mais la souffrance peut-être davantage, parce
que la compassion existe, parce qu'on voudrait même, dans certains cas,
avoir mal à la place de l'autre pour que l'autre ne souffre plus.
J'ai ressenti ça lors de ce spectacle, avec ces bribes d'histoires, avec
ces images sur la toile translucide, comme des fragments de notre propre
mémoire qui bougeraient encore, mais en silence, calmement, de manière
presque détachée, devant nos yeux.
Ce concept me paraissait très abouti, avec ces trois scènes, physiquement
différentes car dans des endroits différents, mais avec les mêmes femmes et
les mêmes hommes et une histoire finalement commune, les femmes et les
hommes que nous sommes finalement, tous porteurs de cette histoire commune.
L'espoir surtout était là, car il y avait, de manière en même temps très
vraie et très poétique, le partage, la fraternité, oui, j'ai trouvé que
cela indiquait que tout n'était pas perdu, bien au contraire.
Bien sûr, cela n'est qu'une réflexion toute personnelle encore une fois.
Merci à toi et à toute l'équipe de la Mâchoire 36.
Je te réembrasse fort. A tout bientôt Estelle.
Richard.
lundi 26 novembre 2007
lundi 5 février 2007
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